12 mai 2005
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Histoire En Ligne A Suivre
13 février 2006
Premier jour.
Ce matin-là, comme prévu, Pierre quitta la ville pour se promener en montagne.
Le silence qui lui paraissait si remarquable lors des premières
minutes, commençait maintenant à peser et à lui faire prendre conscience
de sa solitude.
La solitude face à un paysage aussi beau? Un esthète comme lui ne craint pas d'avoir froid au coeur.
Pourtant...il est seul.
Son ressenti, ce n'était pas la fascination du beau, c'était la
montagne qui s'élevait sans l'attendre. "Méconnaître un dieu"? Ne pas
prendre conscience de l'étendu de la beauté environnante n'est
peut-être pas si grave si le peu qu'on perçoit est partagé. Etre méconnu
des hommes, triste fardeau.
Devant lui, se dresse soudain une vieille maison. Perdu dans ses pensées il ne l'avait pas remarquée.
L'Auberge
Je ne l’avais pas remarquée tout de suite, elle se tenait pourtant bien là devant moi.
Une grande maison.
Composée d’une partie principale et de deux ailes placées chacune d’un côté, les arbres qui l’entouraient lui donnait l’air de s’intégrer à la forêt.
C’était presque un manoir.
A côté de la porte d’entrée, une pancarte peinte plantée dans le sol : L’Auberge.
Plutôt joli ce bâtiment, mais les chambres doivent coûter cher. La vue est magnifique, on peut voir un superbe panorama depuis cette sorte de clairière qu’il y a devant l’entrée. Et d’ailleurs ce qui est sans doute le plus appréciable et le plus recherché, c’est qu’on ne voit aucun signe humain dans le paysage en contrebas. Rien que des arbres, pas de fils électriques ou de routes.
Depuis le temps que je cherchais ce genre de vue, la journée n’est pas perdue. Enfin, je ne vais peut-être pas tarder à rentrer. Je téléphonerai à Ying Wei, je crois qu’elle me manque. Et à mes parents aussi, à mon fils peut-être… Allez ça suffit les lamentations, encore quelques pas et la vie devant soi.
Rentrer
Ca fait combien de
temps que je marche ?
Les ombres s’allongent et je ne reconnais pas du tout le chemin, j’aurais du tourner à gauche tout à l’heure. Je crois que je suis perdu maintenant.
Je marche, je marche… J’ai l’impression de toujours
repasser au même endroit, et merde, c’est pas ce soir que je me réconcilierai
avec Wei. Vu l’heure qu’il est, même si je retrouvais mon chemin maintenant, je
rentrerais trop tard. En plus, j’ai faim, les sandwiches du midi n’étaient pas
suffisants.
Ah ! Rien ne va, de toute façon, ma vie c’est pareil. Putain fait chier cette brindille, et j’en ai ras le cul de marcher tout seul à pétain aux schnoc. Si au moins je pouvais retrouver l’auberge de ’t’à l’heure.
Non,
c’est pas vrai ! Pierre, t’as vraiment une chance de cocu ! Juste
avant que le soleil ne se couche ! Je suis finalement revenu.
Bon cette fois, je suis prudent, avant de continuer, je vais demander au gérant de bien m’indiquer le chemin pour rentrer, je n’ai jamais été très doué en orientation.
Oh allez et puis même ! Je ne
dépense jamais ce que je gagne, pour une fois, j’ai envie de faire une folie,
je vais dormir ici.
Je le fais. Sauf si c’est vraiment trop cher.
Comme ça je pourrai téléphoner à Wei ce soir, aux parents et même je me décide à appeler Jérôme, au moins pour une fois j’aurai quelque chose à lui raconter. Oui, cette sortie m’aura appris une chose, je dois plus m’ouvrir à la vie. J’ai bien plus besoin des autres que je ne le pensais… Ai besoin d’amour…